Beekast, un outil intéressant pour renouveler le remue-méninges et le travail collaboratif

Beekast, outil découvert et testé à Ludovia14, est un site qui permet de rendre ses apprenants actifs dans le sens où ils peuvent écrire et participer individuellement ou en groupes, aux « activités » proposées, via un smartphone, une tablette ou un ordinateur,

  • en présentiel pour dynamiser le cours : les participants répondent aux questions, écrivent en direct et le résultat peut être diffusé en direct ou projeté à la fin pour créer un effet de surprise ;
  • et pourquoi pas, à distance, ce qui permet de laisser le temps à chaque apprenant de peser les mots choisis, de rechercher un concept oublié. On découvre le résultat ensemble en présentiel.

Il suffit pour les participants d’aller sur le site de Beekast et de taper un code très simple donné par l’enseignant. Le point fort de ce site est la simplicité de son utilisation.

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Voici quelques pistes d’exploitation pédagogique en Fle, en littérature et en UE Tice en Master Fle :

  1. Renouveler le remue-méninges : ce site permet, entre autres, de renouveler l’étape du remue-méninges au début d’un cours en créant un nuage de mots collaboratif en temps réel. Le nuage peut être projeté en direct ou montré seulement à la fin de l’activité.
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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté enseignant)
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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté enseignant)

L’activité peut servir à caractériser les représentations des apprenants sur un sujet, comme dans l’exemple ci-dessous où j’ai demandé à mes étudiants des adjectifs pour caractériser leurs représentations des outils numériques en amont du cours.

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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté étudiants)

En cours de langues, le nuage permet de montrer tout le lexique déjà connu sur un thème précis par exemple.

En littérature, il peut servir à mettre en évidence les mots-clés déjà connus sur un mouvement ou une époque.

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Exemple de nuage de mots en littérature (côté apprenants)

Une limite toutefois : au fur et à mesure que les apprenants écrivent les mots, une liste de mots suggérés apparaît, qui peut influencer les choix de chacun.

2) Faire une liste d’idées à partir d’un sujet dans des catégories pré-définies : Une autre activité intéressante est le « brainstorming » qui invite les participants à écrire non plus un seul mot comme dans le nuage de mots, mais une courte phrase (140 caractères maximum) sur un thème que l’on peut diviser au préalable en catégories pour guider la réflexion, comme une préparation de carte mentale.

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Activité « Brainstorming » côté enseignant

Voici, ci-dessous, un exemple de tableau rempli par les apprenants, individuellement ou en groupes : il est ainsi possible de repérer les idées similaires dans une catégorie, de les mettre en avant en les « likant » anonymement. C’est un excellent support pour faire réagir apprenants ou étudiants en les invitant à commenter les idées des autres, d’autant plus que ces idées sont données anonymement : la « face » de chacun est ainsi protégée.

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« Brainstorming » peut être aussi utilisé comme un nuage de mots structuré en catégories comme dans l’exemple ci-dessous où les apprenants n’écrivent que des mots, des concepts.

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Il est aussi possible d’utiliser ce tableau pour proposer aux élèves de rechercher des idées dans le cadre d’une argumentation avec une structure préétablie et en demandant aux groupes de chercher des arguments ou des exemples.

3) Une autre piste intéressante suggérée par mes étudiants est d’utiliser « Brainstorming » comme support pour une évaluation formative « flash » et collective : on crée les sous-catégories et on demande aux apprenants de compléter chaque catégorie avec les idées dont ils se souviennent pour chacune d’elles afin de voir ce qu’ils ont retenu. Il faut toutefois savoir qu’au fur et à mesure que chaque apprenant écrit une idée, il peut voir ce que les autres ont écrit.

4) Plus classique, l’activité « Formulaire », dont les réponses ne sont visibles que par l’enseignant, permet de préparer un questionnaire très facilement avec, au choix, des QCM ou des questions ouvertes.

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Ex de « Formulaire » avec les 2 types de questions (côté enseignant)

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Ex de présentation des résultats du « formulaire »

 

 

 

 

 

 

On peut donc l’utiliser pour pour récolter des données plus personnelles, pour sonder les apprenants dans le cadre d’un projet, pour faire un questionnaire d’évaluation du cours, pour un questionnaire en évaluation formative, etc.

Beekast propose aussi les activités « Vote » et « Quiz », ainsi que « Mur de Selfies » qui m’a paru un peu gadget dans le sens où chaque apprenant se prend en photo et poste celle-ci sur le mur, mais sans pouvoir ajouter son prénom.

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Les 6 activités proposées par Beekast

Enfin, outre les activités, un mur virtuel collaboratif est à la disposition du groupe pour ajouter des commentaires ou des photos et favorise l’interaction entre les apprenants. Un des avantages est que l’on peut y déposer des documents au format photo auxquels les participants auront un accès facile. On peut aussi modérer, voire effacer les commentaires…

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Exemple de mur collaboratif

Voici un Tutoriel pour commencer à utiliser Beekast

 

Tragédie classique et capsules

Comment enseigner la tragédie classique et sensibiliser des étudiants étrangers au dilemme cornélien en 2 heures sans qu’ils ne s’endorment en écoutant passivement les stances du Cid ?

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Voici quelques pistes à exploiter pour des cours relevant les mêmes défis :

  • La tragédie classique en classe inversée

La tragédie classique a été présentée sous forme de capsule que les apprenants ont regardée chez eux en prenant des notes. En 5 minutes, il est impossible de présenter un tel sujet. Néanmoins, cette capsule a donné un premier cadre, un premier niveau de connaissances que nous avons complété en présentiel lorsque, en cours, les étudiants ont reconstruit ces premières connaissances sur la tragédie classique. J’ai alors pu approfondir, donner des exemples sans monopoliser la parole et en les faisant participer et comparer avec le drame shakespearien qu’ils connaissaient tous.

  • Modélisation des attentes

Ensuite, nous avons abordé la pièce avec un schéma des personnages (en version simplifiée) et nous avons étudié la première stance ensemble pour mettre en lumière le dilemme et la douleur de Rodrigue en nous appuyant sur quelques figures de style.

  • Création d’une capsule par les apprenants

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Ensuite, continuer à ce rythme l’étude de toutes les stances aurait démotivé les étudiants dont l’effort cognitif était déjà très élevé pour une compréhension littérale du texte. Il était nécessaire de les rendre actifs. J’ai donc choisi de privilégier la qualité de leur lecture à la quantité (la lecture de l’intégralité des stances). Ils ont alors travaillé en petits groupes avec une tablette et l’application Explain Everything : chaque groupe devait étudier une stance et produire une petite capsule dans laquelle serait présentée une courte analyse de la stance, en utilisant les outils tels que le laser, le crayon et en enregistrant la voix. Ainsi, après un moment de stress tout à fait compréhensible, les groupes se sont mis au travail en collaborant, s’entraidant, négociant, etc. Dix minutes avant la fin du cours, tous les groupes sont partis à la recherche d’un lieu silencieux pour l’enregistrement des commentaires et le travail était terminé pour tous à l’heure.

  • Une capsule d’apprenants complétée par le prof

Lorsque j’ai regardé les capsules, j’ai constaté qu’il manquait certains commentaires : j’ai donc pris la liberté d’ajouter certaines remarques à la fin de chaque capsule, à la fois pour équilibrer les analyses mais aussi pour compléter cette polyphonie et pour poursuivre ce travail de co-construction de la classe inversée qui met l’enseignant à côté des apprenants et non plus sur un piédestal.

Le bilan en ce qui concerne la motivation est plutôt positif : chacun a dû s’investir et être actif pour faire ressortir ce dilemme en observant attentivement la syntaxe, le lexique. L’ambiance était vraiment studieuse et dynamique.

  • Donner du sens à l’ensemble des capsules

Chaque étudiant a reçu les liens de toutes les capsules (voici un exemple) et doit les regarder, prendre des notes pour être capable de faire un commentaire du même type à partir d’un autre extrait de tragédie.

Certes, tous n’ont pas lu l’ensemble des stances. Mais lors du prochain cours, nous regarderons une mise en scène de cet extrait et le puzzle des analyses permettra à chacun de sentir le dilemme en extrapolant ce qui a été dit dans une stance à toutes les stances.

 

Apprendre le français avec les séries TV (2) : « Bref »

Une autre ressource possible pour apprendre le français avec les séries est la série TV française « Bref », qui se caractérise par un format très court (2 minutes environ) et est un formidable outil pour travailler la compréhension orale avec un débit TRES rapide, même pour les natifs… Les apprenants l’aiment beaucoup car elle reflète la réalité de la vie d’un célibataire parisien qui n’a rien d’un champion : il est paresseux et passe son temps à essayer de draguer les filles. Les problématiques, le rythme comme le vocabulaire sont très actuels et invitent parfois à un certain bovarysme… loin des héros habituels, ce qui engendre des rires, même lors de la première écoute car les images aident à comprendre.

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Capture d’écran d’un épisode de « Bref »

Par contre, contrairement à la série « Mère et fille » qui est tout public, « Bref » convient davantage à un public un peu plus âgé, du moins en ce qui concerne certains épisodes.

Voici trois épisodes qui nous ont servi de supports pour travailler :

Pour varier l’exploitation pédagogique de ce dernier épisode, plutôt que d faire une première reconstitution collective de ce qui a été compris, j’ai choisi de faire un quiz en ligne en direct, immédiatement après le premier visionnage avec Socrative.com. J’ai donc créé un quiz d’une dizaine de questions soit très faciles, soit un peu plus exigeantes : les réponses qui s’affichent en direct ont certes un côté gadget, mais elles ont le mérite de refléter la qualité de la compréhension et de dédramatiser les erreurs, tout en soudant le groupe classe grâce à l’interaction. Voici quelques questions :

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Résultat du quiz

Utiliser la cartographie en ligne pour présenter des productions écrites

 

 

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Carte Google Maps « Contes de notre petit monde » Groupe G

Dans un exemple de tâche finale proposé il y a quelques mois, la cartographie en ligne invitait à regarder des vidéos faites par les étudiants.

Voici un nouvel exemple de tâche finale réalisée avec le service de cartographie en ligne Google Maps proposant des productions écrites. Les apprenants (B1) devaient écrire individuellement un conte typique de leur pays en soignant particulièrement les temps du passé, l’expression de l’antériorité et le schéma narratif. La séance de 1h30 a été faite en salle Tice.

Nous avons choisi de publier les productions écrites pour pouvoir les partager non seulement entre nous, mais surtout avec d’autres personnes (publication sur le site Facebook annoncée avant la rédaction), afin de donner un destinataire réel à la production écrite.

Il suffit de cliquer sur chaque repère pour avoir accès au conte de chacun.

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Conte de Chine

Outre le fait de donner à voir la dimension extrêmement cosmopolite du groupe, l’utilisation de la cartographie en ligne permet non seulement aux productions finales de durer, d’être vues et partagées entre étudiants, mais surtout de créer une stimulation et un sentiment de satisfaction car l’outil met, d’une certaine manière, en valeur ce que chaque étudiant a écrit grâce à l’écriture avec l’ordinateur et grâce à la présentation collective qui donne un contexte géographique à l’écriture de chacun.

L’utilisation de ce service est très facile et gratuit.

Créer des capsules : prolongement de l’atelier « Sensibilisation à la classe inversée »(Barcelone, EMDL)

Voici quelques pistes pour compléter l’atelier « Sensibilisation à la classe inversée » proposé à Barcelone à la 10eme Rencontre FLE d’EMDL la semaine dernière. J’ai beaucoup insisté sur l’importance de la scénarisation du cours et des capsules : faire une capsule pour faire une capsule, sans penser à l’exploitation pédagogique qui l’accompagne, ni à ce qu’elle modifie dans l’économie du cours n’a pas de sens.

Pour passer à l’action et créer vos premières capsules, voici quelques tutoriels qui vous aideront, mais ils sont légion sur internet.

Les logiciels pour travailler avec un ordinateur :

Tutoriel pour utiliser le logiciel d’édition de vidéographie sur ordinateur : Screencast’Omatic qui permet de créer très simplement des capsules en enregistrant l’activité de  votre écran d’ordinateur. A partir d’un diaporama par exemple, on peut commenter chaque diapositive et utiliser le curseur comme un laser qui sert à signaler le point dont vous êtes en train de parler. Vous pouvez aussi ajouter une fenêtre dans laquelle vous apparaissez en train de parler, comme l’a signalé une participante. Vous trouverez de nombreux tutoriels en ligne : je me permets de vous recommander celui-ci, court et efficace.

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Exemple de capture d’écran réalisée avec Screencast’Omatic

Tutoriels pour utiliser le logiciel gratuit Moovly par Peggy Morel

Tutoriels Moovly

Tutoriels pour travailler avec une tablette :

Tutoriel pour utiliser l’application Explain Everything (à télécharger sur tablette, payante): à partir d’un exemple (prendre en photo des productions d’apprenants et les commenter pour en faire une capsule)

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Exemples de capsules réalisées avec l’application Adobe Voice (pour Ipad seulement) et avantages de cet outil que je résume dans un article publié mon ancien blog.

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Enfin, une présentation de l’application pour mobile Tellagami (très facile d’utilisation) qui propose un avatar auquel on prête sa voix et une piste d’utilisation.

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La liste n’est bien sûr pas exhaustive mais mieux vaut bien maîtriser 2 ou 3 outils que de se perdre dans une course effrénée aux nouveaux outils.

Padlet, le mur collaboratif, existe en application sur App Store

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Depuis quelques semaines, il est possible d’avoir accès à Padlet sur son Ipad directement en téléchargeant l’application Padlet. Rien de révolutionnaire mais une présentation plus efficace et une accessibilité bien plus facile. Par contre il n’est plus possible de choisir sa langue, me semble-t-il…

Padlet version application
Padlet version application
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Padlet via le site