Créer des capsules : prolongement de l’atelier « Sensibilisation à la classe inversée »(Barcelone, EMDL)

Voici quelques pistes pour compléter l’atelier « Sensibilisation à la classe inversée » proposé à Barcelone à la 10eme Rencontre FLE d’EMDL la semaine dernière. J’ai beaucoup insisté sur l’importance de la scénarisation du cours et des capsules : faire une capsule pour faire une capsule, sans penser à l’exploitation pédagogique qui l’accompagne, ni à ce qu’elle modifie dans l’économie du cours n’a pas de sens.

Pour passer à l’action et créer vos premières capsules, voici quelques tutoriels qui vous aideront, mais ils sont légion sur internet.

Les logiciels pour travailler avec un ordinateur :

Tutoriel pour utiliser le logiciel d’édition de vidéographie sur ordinateur : Screencast’Omatic qui permet de créer très simplement des capsules en enregistrant l’activité de  votre écran d’ordinateur. A partir d’un diaporama par exemple, on peut commenter chaque diapositive et utiliser le curseur comme un laser qui sert à signaler le point dont vous êtes en train de parler. Vous pouvez aussi ajouter une fenêtre dans laquelle vous apparaissez en train de parler, comme l’a signalé une participante. Vous trouverez de nombreux tutoriels en ligne : je me permets de vous recommander celui-ci, court et efficace.

Capture d’écran 2015-12-05 à 14.40.14

Exemple de capture d’écran réalisée avec Screencast’Omatic

Tutoriels pour utiliser le logiciel gratuit Moovly par Peggy Morel

Tutoriels Moovly

Tutoriels pour travailler avec une tablette :

Tutoriel pour utiliser l’application Explain Everything (à télécharger sur tablette, payante): à partir d’un exemple (prendre en photo des productions d’apprenants et les commenter pour en faire une capsule)

Capture d’écran 2015-12-05 à 13.05.43

Exemples de capsules réalisées avec l’application Adobe Voice (pour Ipad seulement) et avantages de cet outil que je résume dans un article publié mon ancien blog.

Capture d’écran 2015-12-05 à 14.52.30

Enfin, une présentation de l’application pour mobile Tellagami (très facile d’utilisation) qui propose un avatar auquel on prête sa voix et une piste d’utilisation.

Capture d’écran 2015-11-06 à 14.50.19

La liste n’est bien sûr pas exhaustive mais mieux vaut bien maîtriser 2 ou 3 outils que de se perdre dans une course effrénée aux nouveaux outils.

Tutoriel (en français) pour Moovly par Peggy Morel

Moovly est un logiciel en ligne qui permet de créer ses vidéos, ses capsules. Il est à ranger avec d’autres outils assez complexes, comme Pow Toon, qui proposent des animations très variées et rendent les vidéos dynamiques et ludiques, mais qui demandent un investissement non négligeable en termes de minutes, voire d’heures de création, contrairement à d’autres applications comme Explain Everything ou Adobe Voice.

Je me permets de partager les tutoriels faits par Peggy Morel du lycée bilingue Saint-Joseph d’Istanbul (avec son autorisation), très complets et détaillés.

Se connaître avant de se lancer dans la conception de capsule : les 2 grands styles rédactionnels

« Les découvreurs s’engagent d’emblée dans l’écriture, jettent les idées sur le papier, les reprennent, ajustent, affinent et organisent au fur et à mesure. Les exécuteurs mettent au point des plans minutieux (mentaux ou sur le papier) avant de passer à la mise en texte. »

D. Legros Psychologie des apprentissages et multimédia 

Et vous êtes-vous plutôt découvreur ou exécuteur ? Bon à savoir avant de se lancer dans la création de capsules…

Classe inversée : « Cent fois sur le métier tu remettras ton ouvrage » ou la retouche des capsules…

Desir

J’exagère un peu en parlant de remettre 100 fois l’ouvrage sur le métier mais de notre expérience de la classe inversée, il ressort que la fameuse capsule n’est pas une production figée, mais au contraire, destinée à évoluer, surtout lorsqu’on essaie de garder un peu de démarche inductive ou de pédagogie actionnelle… et que l’on travaille en équipe. Face à la pression du temps (3 ou 4 minutes dans l’idéal), il faut faire des choix et trouver un compromis entre le désir d’exhaustivité et la nécessaire simplification des notions présentées. D’où une conception possible de la capsule comme palimpseste moderne…

Illustration avec les différentes étapes d’une capsule conçue pour lancer le cours sur « Exprimer un souhait, un désir » » (petit niveau B1)

La première version témoignait d’un désir de tout donner d’un seul coup : elle était non seulement trop longue (7 minutes), mais fournissait des données beaucoup trop denses pour les apprenants. La voici pour les plus courageux…

Première version

D’où une première remarque d’une collègue-cobaye qui m’a, entre autres, suggéré de la couper en deux : première scission de la capsule-mère en deux capsules…

Deuxième version

Lors du retour en classe (mes élèves avaient vu la nouvelle capsule en amont, chez eux, tout en remplissant la feuille de route),  tous ont posé les mêmes questions sur un point précis, ce qui annonçait une lacune dans la capsule : j’ai donc ajouté au format initial (très facile avec Explain Everything) une vignette supplémentaire pour anticiper les questions dans les classes des collègues et pour l’année prochaine…

Troisième version

Mais il faut bien que les retouches s’arrêtent car un nouveau cours arrive et peut-être une nouvelle capsule…

Conclusion :

– il faut du temps pour faire et refaire les capsules

– le travail collaboratif, entre collègues et avec les élèves, est extrêmement stimulant : les barrières tombent, les portes s’ouvrent, on voit le cours de l’autre, on en discute, on le modifie, on n’est plus dans le statique, le définitif.

Comme l’écrit Bruno Olivier dans son ouvrage Internet, multimédia : ça change quoi dans la réalité ? « La machine à communiquer est autre chose qu’un accessoire supplémentaire dans la classe. Elle ne se contente pas d’améliorer (peut-être) l’efficacité : elle questionne les principes et les valeurs traditionnelles du secteur éducatif ».

Cet article a été publié simultanément sur Français et numérique.

Vers la classe inversée : importance de la feuille de route

Voici un article que j’ai publié dans Français et Numérique et qui souligne le rôle de la feuille de route qui doit accompagner le visionnage de la capsule en autonomie.

Créer des capsules « bonus culturels »

Grâce à des applications comme Explain Everything, il est assez facile de créer des vidéos présentant un cours. Tout un éventail de possibilités s’offre à nous, cours en amont avec la classe inversée, cours en aval pour réviser. Une autre piste est de proposer des capsules très courtes offrant aux élèves une possibilité d’approfondir un point qui les intéresse et que l’on n’a pas le temps de traiter en cours. Beaucoup cliqueront sur la vidéo par curiosité et quelques-uns pourront s’enrichir, notamment si l’on met une « accroche » personnalisée au début s’adressant directement à eux.

Cela soulève le problème des capsules que l’on trouve sur internet à foison et qui sont un cours magistral aussi neutre qu’universel. Cette dimension anonyme correspond sans doute aux besoins des étudiants mais pour des élèves plus jeunes, on peut se demander si le fait de personnaliser les vidéos en utilisant le « vous », en faisant référence au pays dans lequel nos apprenants vivent ou en glissant d’autres signes de connivence, comme des allusions à ce qui est déjà connu ou a été étudié précédemment, ne serait pas un moyen de donner plus de chair à nos vidéos…

Voici un exemple avec une capsule proposée en cours de FLE sur le thème de l’immigration : « Droit du sol ou droit du sang ? »

 

Pour un cours de littérature, on peut imaginer d’autres capsules sur des points assez précis comme des détails biographiques d’auteurs, la présentation de la genèse d’une oeuvre, l’adaptation d’une oeuvre au cinéma, etc.

Bref, ces bonus culturels sont un moyen de gagner du temps et de proposer des portes faciles à ouvrir. L’idéal est de les publier sur un Ibook pour les intégrer parfaitement à la progression. Sinon il faut les publier sur Moodle ou les partager directement avec les élèves. Quant à la question de l’aprés-capsule, on peut garder la logique du bonus et de la gratuité jusqu’au bout et ne rien faire…