« Le Royaume » d’E. Carrère : impact du numérique sur la création littéraire et … les études littéraires

Dans Le Royaume, Emmanuel Carrère évoque l’effet de l’écriture d’une oeuvre littéraire sur un support numérique et lève le voile sur les difficultés de la recherche à venir en matière de brouillons d’écrivains, ratures et autres invisibles ajouts, pourtant si précieux pour tous les travaux de recherche et pour les lecteurs curieux :
« […] Aujourd’hui que nous écrivons et même lisons de plus en plus sur un écran, de moins en moins sur du papier, j’ai un argument de poids en faveur du second de ces supports : depuis plus de vingt ans que j’utilise des ordinateurs, tout ce que j’ai écrit à la main est encore en ma possession, par exemple les cahiers dont je tire la matière de ce mémoire, alors que tout ce que j’ai écrit directement sur l’écran a disparu, sans exception. J’ai fait, comme on m’en conjurait, toutes sortes de sauvegardes, et de sauvegardes de sauvegardes, mais seules celles qui étaient imprimées sur papier ont surnagé. Les autres étaient sur des disquettes, des clés, des disques externes, réputés beaucoup plus sûrs mais en réalité devenus obsolètes les uns après les autres, et désormais aussi illisibles que les cassettes audio de notre jeunesse. Bref. Il a existé, dans les entrailles d’un ordinateur depuis longtemps défunt, un premier jet de roman qui, si je le retrouvais, compléterait utilement mes cahiers. J’avais emprunté le titre au cinéaste Billy Wilder, pourvoyeur de bons mots aussi prolifique aux États-Unis que Sacha Guitry en France. À la sortie du film tiré du Journal d’Anne Frank, on demande à Wilder ce qu’il en a pensé. « Très beau, dit-il, la mine grave. Vraiment très beau… Très émouvant. (Un temps.) Mais tout de même, on aimerait connaître le point de vue de l’adversaire. »
Extrait de: Carrère, Emmanuel, Le Royaume, POL Editeur

Capsule pour aider les apprenants à travailler le lexique en autonomie

Voici une capsule qui a comme objectif de proposer quelques stratégies aux apprenants (FLE) pour apprendre en autonomie le lexique : des gestes simples comme

choisir une couleur réservée au lexique pour distinguer le lexique déjà connu des nouveaux mots,

surligner le nouveau lexique sur tous les supports d’apprentissage (compréhensions orales, écrites, documents déclencheurs, etc.)

classer et faire des sous-catégories en rassemblant les mots ayant des points communs

apprendre toutes les composantes du mot : son orthographe, sa prononciation, son genre, sa structure, ses différents sens, son étymologie, sa composition, etc.

– faire les exercices et surtout s’efforcer de réinvestir ce lexique dans les productions écrites ou orales, quitte à garder sous les yeux une feuille rassemblant ce lexique.

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Proposer une présentation audio en début d’année en complément ou remplacement de la fiche traditionnelle

En début d’année scolaire, nous sommes nombreux à hésiter à l’idée de donner une fiche de présentation traditionnelle à nos élèves. Que l’on soit pour ou contre, on ne pourra nier toutefois que ce premier contact avec l’expression écrite et la maîtrise de l’orthographe offre un sérieux adjuvant pour commencer à nous familiariser avec leurs compétences linguistiques. Pour remplacer ou compléter cette fameuse fiche papier, voici un outil intéressant, un mur Padlet (et oui, je suis fan…), pour faire connaissance avec une approche moins traditionnelle. Il a plusieurs avantages :

– créer un contact avec la production orale de chacun, ce qui permet d’évaluer la qualité de l’accent, l’aisance à l’oral, etc. Cette dimension est aussi importante en cours de FLE qu’en cours de LV en général ou en cours de français.

– dessiner rapidement un espace propre à la classe puisque chaque élève pourra écouter la présentation des autres et faire leur connaissance en découvrant leurs centres d’intérêt.

– proposer aussi une présentation de l’enseignant qui se doit de jouer le jeu en « s’exposant » au même titre que les élèves et qui sert de modèle pour faciliter la difficile tâche de parler de soi.

Voici le padlet qui sera proposé à ma classe :

Made with Padlet

padlet1

Un autre avantage technique est que les élèves n’ont pas besoin de s’inscrire ou de nous envoyer leur adresse de messagerie… Il leur suffit d’avoir le lien du padlet.

Capsule pour aider les élèves à utiliser le mur virtuel Padlet

Voici une capsule de 2 minutes qui peut aider les élèves à travailler en autonomie avec Padlet. A diffuser largement en ce début d’année, pour éradiquer les prétendus problèmes techniques…

Cet article a été publié simultanément sur mon autre blog  Français et numérique, blog collectif regroupant les travaux et idées de l’équipe du lycée Saint-Joseph d’Istanbul.

http://francaisetnumerique.wordpress.com/2014/08/27/capsule-pour-aider-les-eleves-a-utiliser-padlet/

Voici d’autres articles que j’ai publiés sur l’utilisation de Padlet :

Présentation de Padlet :

http://francaisetnumerique.wordpress.com/2013/10/07/un-outil-interessant-pour-rassembler-sur-une-page-internet-les-productions-orales-des-eleves-padlet/

Diversité des utilisations pédagogiques de cet outil :

http://francaisetnumerique.wordpress.com/2013/11/13/padlet-diversite-des-utilisations-pedagogiques-en-francais/

Un Padlet qui rassemble les avantages et inconvénients de Padlet :

http://francaisetnumerique.wordpress.com/2014/02/12/un-padlet-pour-resumer-les-avantages-et-les-limites-rencontres-avec-lutilisation-de-padlet/

Créer des capsules « bonus culturels »

Grâce à des applications comme Explain Everything, il est assez facile de créer des vidéos présentant un cours. Tout un éventail de possibilités s’offre à nous, cours en amont avec la classe inversée, cours en aval pour réviser. Une autre piste est de proposer des capsules très courtes offrant aux élèves une possibilité d’approfondir un point qui les intéresse et que l’on n’a pas le temps de traiter en cours. Beaucoup cliqueront sur la vidéo par curiosité et quelques-uns pourront s’enrichir, notamment si l’on met une « accroche » personnalisée au début s’adressant directement à eux.

Cela soulève le problème des capsules que l’on trouve sur internet à foison et qui sont un cours magistral aussi neutre qu’universel. Cette dimension anonyme correspond sans doute aux besoins des étudiants mais pour des élèves plus jeunes, on peut se demander si le fait de personnaliser les vidéos en utilisant le « vous », en faisant référence au pays dans lequel nos apprenants vivent ou en glissant d’autres signes de connivence, comme des allusions à ce qui est déjà connu ou a été étudié précédemment, ne serait pas un moyen de donner plus de chair à nos vidéos…

Voici un exemple avec une capsule proposée en cours de FLE sur le thème de l’immigration : « Droit du sol ou droit du sang ? »

 

Pour un cours de littérature, on peut imaginer d’autres capsules sur des points assez précis comme des détails biographiques d’auteurs, la présentation de la genèse d’une oeuvre, l’adaptation d’une oeuvre au cinéma, etc.

Bref, ces bonus culturels sont un moyen de gagner du temps et de proposer des portes faciles à ouvrir. L’idéal est de les publier sur un Ibook pour les intégrer parfaitement à la progression. Sinon il faut les publier sur Moodle ou les partager directement avec les élèves. Quant à la question de l’aprés-capsule, on peut garder la logique du bonus et de la gratuité jusqu’au bout et ne rien faire…