Le TrèFLE Blog collaboratif d’étudiants en master 2 #FLE à l’UPPA

Voici un beau projet qui se concrétise : un blog collaboratif créé dans le cadre de l’UE Tice, par nos étudiants de Master2 Fle, de l’Université de Pau et Pays de l’Adour, baptisé, le TrèFLE …

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Qu’est-ce que ce blog ? Qui en sont les auteurs ?

Pour mieux connaître les auteur.e.s et les objectifs du blog, je vous invite à vous y plonger directement … : le TrèFLE

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Un blog pour qui ?

Le beau projet des auteurs de ce blog est, pour reprendre la démarche du fameux blog İ-Voix lancé par Jean-Michel Le Baut, de transmettre les clés du blog à la prochaine promotion de Master 2 afin qu’il soit une continuité entre les différentes promotions de Master Fle à l’université.

Aussi ce blog est-il dès sa création ouvert aux étudiant.e.s de M1 FLE de l’Univ. de Pau, mais aussi aux enseignant.e.s de Master Fle et DU Fle, aux enseignantes de l’İEFE (l’İnstitut d’Etudes Françaises pour Etudiants étangers) avec lequel les blogueurs travaillent en étroite collaboration et bien sûr, plus largement à toutes les personnes qui étudient ou travaillent dans l’univers du FLE, du français.

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Côté enseignante ?

En invitant les étudiants à se lancer dans cette aventure, mes objectifs sont multiples et variés :

  • Faire comprendre qu’il ne suffit pas de se contenter d’être passifs sur İnternet, de grappiller des documents, des idées. Etre plutôt actifs, écrire, publier, partager pour profiter des potentialités du web 2.0 comme nous y invite Christian Ollivier. Donc, sortir du monde de l’université pour voir ce qui s’y fait et pour y être présents.
  • Mesurer les possibilités des blogs en tant que futur.e.s enseignant.e.s en FLE pour donner du sens et mettre en valeur les productions des élèves.
  • Stimuler le travail collaboratif à ce moment charnière entre la fin des études et le début de la vie professionnelle
  • Mettre en évidence les atouts de l’auto-formation et de la formation par les pairs
  • Et éventuellement, renforcer à, une petite échelle, l’identité du groupe.

Bonne navigation !

 

 

 

Classe inversée et littérature : « Art » de Yasmina Reza

Voici un exemple de classe inversée utilisé pour étudier la pièce « Art » de Yasmina Reza avec des étudiants étrangers. Contrairement aux autres exemples proposés sur ce blog qui présentaient des auteurs classiques du Moyen Age au XXeme siècle, j’ai fait une capsule de découverte d’une autrice contemporaine.

Dans cette capsule, j’ai essayé de rendre plus interactifs les apprenants : dans les capsules précédentes, même s’ils étaient actifs lors du visionnage en prenant des notes, restait un sentiment de frustration dans le sens où ils étaient encore trop dépendants d’un transfert d’informations. Ils regardaient la capsule, faisaient un excellent exercice de compréhension orale et de prise de notes, certes. Toutefois, ils n’intervenaient pas assez activement à mon goût dans la recherche d’informations.

Aussi ai-je proposé dans cette capsule

  • comme d’habitude, un cadre structurant pour classer les informations afin de faciliter la mémorisation. Il s’agit surtout d’un cadre, d’un canevas (éléments biographiques / dramaturge à succès/ artiste polymorphe) que les apprenants ont dû compléter par des recherches personnelles. En présentiel, nous avons mis en commun toutes ces informations pour enrichir les données initialement proposées dans la capsule.

 

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Extrait de la capsule
  • des extraits d’articles illustrant telle ou telle facette de la dramaturge, que l’apprenant doit lire pour en retirer l’information importante. Il suffit de mettre sur pause pour prendre le temps de lire l’extrait d’article et pour en faire, par exemple, une analyse de la réception de la pièce en France, comme l’illustre l’image ci-dessous.
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Extrait de la capsule

 

 

S’appuyer sur des extraits d’articles de presse est bien sûr plus facile pour des auteurs/autrices du XXe ou du XXIe que pour les autres. Mais l’on peut aussi s’appuyer sur des articles critiques portant sur Stendhal ou Voltaire pour concevoir une capsule plus dynamique, plutôt que de transférer toutes les informations.

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Le bilan de cette activité est positif dans le sens où

  • il m’a permis de ne pas faire un cours de type magistral où j’aurais monopolisé la parole en transférant toutes ces informations en début de cours : ce sont les apprenants qui ont collaboré oralement pour compléter ces informations. Ils ont réellement appris les uns des autres, en fonction des articles trouvés dans leur pays d’origine et/ou dans leur L1 de sorte que nous avons reconstitué une vison internationale et interculturelle de cette dramaturge. Nous avons pu constater par exemple que Y. Reza fait bien plus l’unanimité en Argentine, au Chili qu’en France.
  • les apprenants sont arrivés en connaissant non seulement le nouveau thème mais en ayant des informations, en ayant fait des recherches si bien que nous avons pu entrer dans le vif du sujet plus rapidement et nous confronter à la pièce avec une intensité autre que si le thème avait été découvert au début du cours.

Capsule proposée

Beekast, un outil intéressant pour renouveler le remue-méninges et le travail collaboratif

Beekast, outil découvert et testé à Ludovia14, est un site qui permet de rendre ses apprenants actifs dans le sens où ils peuvent écrire et participer individuellement ou en groupes, aux « activités » proposées, via un smartphone, une tablette ou un ordinateur,

  • en présentiel pour dynamiser le cours : les participants répondent aux questions, écrivent en direct et le résultat peut être diffusé en direct ou projeté à la fin pour créer un effet de surprise ;
  • et pourquoi pas, à distance, ce qui permet de laisser le temps à chaque apprenant de peser les mots choisis, de rechercher un concept oublié. On découvre le résultat ensemble en présentiel.

Il suffit pour les participants d’aller sur le site de Beekast et de taper un code très simple donné par l’enseignant. Le point fort de ce site est la simplicité de son utilisation.

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Voici quelques pistes d’exploitation pédagogique en Fle, en littérature et en UE Tice en Master Fle :

  1. Renouveler le remue-méninges : ce site permet, entre autres, de renouveler l’étape du remue-méninges au début d’un cours en créant un nuage de mots collaboratif en temps réel. Le nuage peut être projeté en direct ou montré seulement à la fin de l’activité.
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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté enseignant)
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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté enseignant)

L’activité peut servir à caractériser les représentations des apprenants sur un sujet, comme dans l’exemple ci-dessous où j’ai demandé à mes étudiants des adjectifs pour caractériser leurs représentations des outils numériques en amont du cours.

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Exemple de nuage de mots en UE Tice (côté étudiants)

En cours de langues, le nuage permet de montrer tout le lexique déjà connu sur un thème précis par exemple.

En littérature, il peut servir à mettre en évidence les mots-clés déjà connus sur un mouvement ou une époque.

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Exemple de nuage de mots en littérature (côté apprenants)

Une limite toutefois : au fur et à mesure que les apprenants écrivent les mots, une liste de mots suggérés apparaît, qui peut influencer les choix de chacun.

2) Faire une liste d’idées à partir d’un sujet dans des catégories pré-définies : Une autre activité intéressante est le « brainstorming » qui invite les participants à écrire non plus un seul mot comme dans le nuage de mots, mais une courte phrase (140 caractères maximum) sur un thème que l’on peut diviser au préalable en catégories pour guider la réflexion, comme une préparation de carte mentale.

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Activité « Brainstorming » côté enseignant

Voici, ci-dessous, un exemple de tableau rempli par les apprenants, individuellement ou en groupes : il est ainsi possible de repérer les idées similaires dans une catégorie, de les mettre en avant en les « likant » anonymement. C’est un excellent support pour faire réagir apprenants ou étudiants en les invitant à commenter les idées des autres, d’autant plus que ces idées sont données anonymement : la « face » de chacun est ainsi protégée.

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« Brainstorming » peut être aussi utilisé comme un nuage de mots structuré en catégories comme dans l’exemple ci-dessous où les apprenants n’écrivent que des mots, des concepts.

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Il est aussi possible d’utiliser ce tableau pour proposer aux élèves de rechercher des idées dans le cadre d’une argumentation avec une structure préétablie et en demandant aux groupes de chercher des arguments ou des exemples.

3) Une autre piste intéressante suggérée par mes étudiants est d’utiliser « Brainstorming » comme support pour une évaluation formative « flash » et collective : on crée les sous-catégories et on demande aux apprenants de compléter chaque catégorie avec les idées dont ils se souviennent pour chacune d’elles afin de voir ce qu’ils ont retenu. Il faut toutefois savoir qu’au fur et à mesure que chaque apprenant écrit une idée, il peut voir ce que les autres ont écrit.

4) Plus classique, l’activité « Formulaire », dont les réponses ne sont visibles que par l’enseignant, permet de préparer un questionnaire très facilement avec, au choix, des QCM ou des questions ouvertes.

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Ex de « Formulaire » avec les 2 types de questions (côté enseignant)

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Ex de présentation des résultats du « formulaire »

 

 

 

 

 

 

On peut donc l’utiliser pour pour récolter des données plus personnelles, pour sonder les apprenants dans le cadre d’un projet, pour faire un questionnaire d’évaluation du cours, pour un questionnaire en évaluation formative, etc.

Beekast propose aussi les activités « Vote » et « Quiz », ainsi que « Mur de Selfies » qui m’a paru un peu gadget dans le sens où chaque apprenant se prend en photo et poste celle-ci sur le mur, mais sans pouvoir ajouter son prénom.

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Les 6 activités proposées par Beekast

Enfin, outre les activités, un mur virtuel collaboratif est à la disposition du groupe pour ajouter des commentaires ou des photos et favorise l’interaction entre les apprenants. Un des avantages est que l’on peut y déposer des documents au format photo auxquels les participants auront un accès facile. On peut aussi modérer, voire effacer les commentaires…

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Exemple de mur collaboratif

Voici un Tutoriel pour commencer à utiliser Beekast

 

Tourisme ordinaire, classe inversée et relatives… Retour d’expérience

Le tourisme est un thème souvent abordé en cours de langues : le « tourisme ordinaire », qui oblige chacun d’entre nous à avoir un regard différent sur ses lieux quotidiens et à se demander quels sont ses endroits préférés, peu connus des touristes mais qui ont une saveur certaine pour les autochtones, s’avère être un excellent sujet pour faire faire des tâches finales à nos apprenants, en sortant des sentiers battus du tourisme normal, quel que soit l’endroit où ils se trouvent, dans un pays francophone ou pas.

Voici un retour d’expérience avec mes apprenants qui visent le niveau B2.

L’unité pédagogique qui portait sur le tourisme aujourd’hui proposait comme objectifs linguistiques, entre autres, d’enrichir le lexique du tourisme et d’approfondir l’emploi des propositions relatives, notamment avec des pronoms relatifs composés.

Ce dernier point a été fait en classe inversée : deux capsules ont été proposées, de deux niveaux de difficultés différents. L’une visant une mise à niveau des pré-requis et rappelant le principe de la relative, l’autre ayant comme objectif de commencer à faire comprendre le fonctionnement des relatifs composés. Chaque capsule est accompagnée d’une feuille de route permettant de prendre des notes, de gagner du temps et de commencer à faire des exercices. Mes apprenants étant plutôt motivés, je leur ai laissé le choix de regarder seulement la seconde capsule ou les deux, tout en leur expliquant l’intérêt de chacune, afin de stimuler leur autonomie.

Plus tard, une autre capsule a été envoyée pour définir la tâche finale : ce qui a permis de gagner du temps et surtout de redonner la parole aux apprenants qui ont posé des questions sur ce qui n’avait pas été dit ou compris dans la capsule, au lieu de m’écouter passivement leur expliquer le projet.

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Et voici quelques productions finales qui, vu le nombre de propositions relatives qu’elles contiennent, prouvent à elles seules combien on peut faire de la grammaire autrement et surtout combien classe inversée et perspective actionnelle se complètent harmonieusement.

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« L’atelier du chocolat » par Loma et Iri
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« Le russe d’Artigarrède » par Junhee et Dongkyoung
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« Le parc du château loin des sentiers battus » par Miriam

Pour donner encore plus de sens à la production finale, nous avons eu le plaisir de rencontrer les étudiants du Master2 Tourisme de l’UPPA qui travaillaient de leur côté et de manière bien différente sur la mise en tourisme des lieux ordinaires de la ville de Pau. Les apprenants Fle leur ont présenté leurs vidéos, puis ont répondu aux questions et échangé avec ces « spécialistes », intéressés par ces regards « étrangers » portés sur la ville. Beau moment d’échanges interculturels !

 

 

Fle Apprendre le français avec les séries TV : « Samantha oups ! » (2)

Comme je l’ai mentionné dans un article antérieur, la série « Samantha Oups! » est une des rares séries TV exploitables pour les niveaux A1/A2.

Après avoir vu et analysé plusieurs épisodes qui servent de matrices pour la production écrite, il est possible de passer à l’écriture de petites scènes « à la manière » de « Samantha oups ! ». Mes étudiants ont travaillé par groupes de 3 autour du thème fédérateur : Samantha prof de Fle ou Samantha à l’IEFE.

Premier défi : écrire à la manière de…

Nous avons consacré 2 heures non consécutives au travail collectif d’écriture. La consigne était de produire 2 ou 3 petits textes pour créer un nouvel épisode de notre série TV, en imitant le style et en conservant les caractéristiques des deux personnages. Très vite sont apparus les premiers jeux de mots, malentendus pour faire rire le spectateur : « grosse queue/ grande queue » (oui, oui !), « travail à la maison/ devoirs », « vert/verre/vert », « grand-mère/grammaire »…

Deuxième étape : comment mettre en valeur et partager la production écrite ?

Ensuite, la question la plus difficile est arrivée : qu’allions-nous faire de ces écrits ? Allions-nous passer au tournage ? Mais pas facile pour certains étudiants de mettre en danger leur « face » et de se montrer avec une perruque blonde sur la tête en train de parler français, notamment avec un niveau A1 ou A2… Chaque groupe a ainsi eu la liberté de mettre en valeur et de partager avec les autres son travail d’écriture :

  • un groupe a refusé d’être filmé et a joué les petits épisodes dans la classe devant les autres étudiants
  • deux groupes ont choisi d’utiliser des poupées Barbie et des personnages en Légo ou Playmobil
  • un groupe a accepté de se filmer avec une perruque
  • un groupe a contourné la difficulté en dessinant les personnages sur des morceaux de papier et les a transformés en marionnettes en mettant un stylo derrière le papier…
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Autre difficulté : le montage vidéo

Certains ont filmé avec les Ipads que j’avais apportés en cours et ont fait directement le montage avec Imovie. D’autres ont préféré faire un montage plus travaillé, en insérant la musique de la série, en ajoutant un générique. Ils ont ainsi utilisé leur propre matériel puis ont fait le montage à distance, en totale autonomie.

A retenir de cette expérience :

  • le plaisir et l’émulation suscités par la créativité, tout à fait étonnante chez des apprenants de niveau A1/A2, capables d’écrire avec un registre comique et de faire des jeux de mots
  • l’autonomie de la plupart des apprenants pour gérer seuls les difficultés techniques
  • l’importance d’enseigner et de stimuler toutes les compétences transversales que sont le travail collaboratif, la négociation, l’utilisation des outils numériques, etc.
  • la valeur stimulante de la publication et du partage qui créent une réelle situation de communication et donne du sens aux apprentissages

Fle Apprendre le français avec les séries TV « Samantha Oups! » A1/A2

Dans le cadre d’un atelier, je continue mon exploration des séries TV pour enseigner le français et partage une ressource intéressante pour des niveaux peu avancés (A2, voire A1), ce qui est assez rare en matière de séries. Il s’agit d’une série TV qui est loin d’être récente mais qui n’en reste pas moins tout à fait exploitable et vraiment appréciée par les apprenants.

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Capture d’écran « Samantha à la gym »

Le personnage principale, Samantha, joué par un homme, est une bimbo à la perruque blond platine qui enchaîne remarques déplacées, idioties, malentendus, etc. L’autre acteur, masculin aussi, joue le rôle de la copine, Chantal et, parfois, celui d’un personnage complémentaire.

Cette série présente de nombreuses qualités à exploiter en Fle :

  • tout d’abord, son format, très court de 5 minutes environ, est composé de 5 ou 6 sketches, ainsi l’endurance des apprenants est-elle épargnée ;
  • ensuite, la gestuelle, les mimiques sont tellement excessives qu’elles facilitent la compréhension orale au point qu’une exploitation possible est de visionner sans le son pour faire émettre des hypothèses ;
  • les thèmes traités dans les épisodes sont généralement des lieux de la vie quotidienne : « Samantha à la gym », « Samantha au marché », « Samantha chez le coiffeur », ce qui permet de travailler un lexique différent pour chaque épisode ;
  • Enfin, l’autre avantage de cette série est qu’elle est un document authentique : certes, les apprenants sont un peu déstabilisés au début car la compréhension leur paraît difficile par rapport aux documents souvent créés sur mesure pour ces niveaux-là, mais ils tirent une grande fierté d’être capables de regarder et de comprendre globalement une série TV française avec si peu d’heures de français. Outre la fierté, le plaisir de rire et celui de comprendre l’humour dans une langue nouvelle sont autant de motivations pour apprendre cette langue, sans parler des compétences interculturelles.
  • C’est par ailleurs un excellent moyen pour travailler sur les stratégies d’apprentissage dès les petits niveaux : il faut se concentrer sur ce que l’on comprend et non sur ce que l’on ne comprend pas…

Voici les épisodes sur lesquels nous avons commencé à travailler ainsi que leur transcription lacunaire :

Le plus difficile est d’alterner les exploitations pour éviter la monotonie de la transcription lacunaire, même si c’est la plus efficace. Le scénario que je suis est généralement : écouter une première fois avec ou sans le son puis faire une première reconstitution orale collective ou par groupes. Ensuite, après le deuxième visionnage, nous ajoutons des détails et enrichissons le lexique ; enfin, le 3eme visionnage est accompagné de la transcription à compléter et, parfois, d’une reformulation écrite par petits groupes.

Voici un quiz en ligne proposé après la compréhension de « Samantha au marché » pour fixer le lexique important. Il a été fait avec Socrative et peut être téléchargé avec le lien suivant à partir de votre compte Socrative ou avec ce code SOC-26598504.

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2 questions du quiz

L’avantage de ce genre de quiz en ligne, par rapport à un quiz papier, est qu’il va redynamiser la classe en accentuant le côté ludique car les résultats sont affichés en direct et qu’il permet, par conséquent, de savoir immédiatement si ces quelques mots ont été compris.

La suite au prochain épisode…

Apprendre le français avec les séries TV : « Flequés », parodie de « Bloqués »

Voici un retour d’expérience de mon cours « Apprendre le français avec les séries TV ». Grâce à mon stagiaire de M1 de Fle, Quentin, j’ai découvert la série « Bloqués », diffusée initialement sur Canal+ qui met en scène deux jeunes avachis sur un canapé qui ne font rien et parlent de leur vie, en rêvant à une vie meilleure.

Les épisodes se caractérisent sur le plan linguistique par un langage familier, de nombreux mots en verlan et sur le plan culturel, par des références assez difficiles à comprendre sur l’actualité (sportifs, chanteurs, mais aussi « Gros Quick », etc.). C’est pourtant, malgré cette difficulté, une excellente source pour approfondir l’enrichissement du registre familier des apprenants, pour les sensibiliser au verlan hyper-actuel et leur permettre de comprendre quelques conversations de la vie réelle…

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Capture d’écran de la série « Bloqués »

En outre, le format, très court de moins de 2 minutes, l’austérité du décor (un huis clos dans un appartement désordonné, un canapé) et le nombre réduit d’acteurs (deux) sont autant d’éléments qui permettent d’envisager une parodie avec des apprenants.

Un autre grand intérêt des épisodes de cette série repose sur le fait que les dialogues sont souvent constitués de répliques données en alternance et proposant des définitions personnelles d’un concept, d’une idée. Par exemple, « L’enfer, c’est … », « La vie serait plus cool si … ». La structure anaphorique permet de donner un cadre aux apprenants lors de la compréhension mais aussi au moment de la production écrite.

Objectifs :

  • enrichir le « parler jeune » des apprenants : lexique, syntaxe, prononciation
  • travailler sur les différents niveaux de langue
  • être capable de produire un texte en « parler jeune » avec un contexte adéquat
  • parodier la série TV » Bloqués » et produire un épisode en groupes.

Déroulement de la séquence :

  • visionnage de plusieurs épisodes de « Bloqués » sans, puis avec une transcription lacunaire. Les apprenants ont fait un relevé du « parler jeune » (verlan, mots familiers, intonation, etc.)
  • mise en place d’une enquête : par groupe, les étudiants sont partis enquêter sur le terrain, à l’université ou dans leur environnement afin de récolter un certain nombre de mots ou d’expressions employés par les jeunes. Ils devaient accompagner chaque mot d’un exemple et définir le registre. Ils ont rempli un document collaboratif sur Google Drive pour mettre en commun tous ces mots et éviter les doublons.
  • analyse et réinvestissement du lexique récolté : nous avons expliqué les mots, trouvé des équivalents en langage courant, proposé d’autres exemples pour bien cerner le contexte dans lequel il est possible de réutiliser ces mots et pour en combiner deux ou trois.
  • présentation du projet d’écrire une parodie de « Bloqués »

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  • productions écrites : les apprenants devaient choisir ou proposer un titre d’épisode (« l’enfer, c’est », « j’ai largué mon mec parce que… », « la vie serait plus cool si.. ») et écrire individuellement 4 ou 5 phrases donnant une proposition et contenant du lexique familier
  • tournage de nos épisodes : nous avons tourné en cours en une heure avec une tablette. Le seul apprenant qui a refusé d’être filmé s’est chargé de jouer le rôle du réalisateur. Il n’y a pas eu de répétitions par manque de temps mais aussi car l’idée n’était pas d’avoir des vidéos parfaites. L’objectif essentiel était de réinvestir ces mots dans une situation liée au plaisir d’apprendre. J’ai ensuite fait les montages avec Imovie.
  • publication de nos épisodes : dès le lancement du projet, il a été annoncé que les productions seraient publiées sur la page Facebook de notre institut, ce qui fonctionne désormais comme un levier pour la motivation et comme une habitude car toutes nos parodies ont été partagées auparavant. Cette phase est essentielle dans le sens où elle permet un partage de la production avec le réseau d’amis (même les non-francophones !) et où elle donne du sens à la parodie qui sera regardée par d’autres personnes que le groupe d’étudiants de la classe.

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En conclusion, si l’on compare cette série aux autres séries travaillées précédemment (« Mère et fille », « Bref », « Parents mode d’emploi »), elle est plus difficile sur le plan de la compréhension car elle met en contact les apprenants avec un « parler jeune » auquel ils ne sont pas habitués et qu’ils ne découvrent que sporadiquement dans les cours de langue : avec cette série, la dose de « parler jeune » est à la limite du supportable pour certains. Il est donc fondamental de travailler en amont sur les stratégies à mettre en place pour la compréhension.

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Elle est aussi plus difficile car elle met en contact les apprenants avec le lexique familier, et par conséquent avec, parfois, sinon des concepts plus vulgaires, du moins des sujets plus tabous, ce qui est toujours un exercice d’équilibriste pour l’enseignant avec certains apprenants dont la culture est très pudique. Il faut accepter de sortir de sa zone de confort.

Au terme de ce semestre, la série que mes apprenants placent en haut du podium est « Bref » : même si le débit est très très rapide, l’humour les a séduit, le fait que le personnage soit un anti-héros aussi. Elle est plus facile à comprendre car il y a moins d’allusions culturelles très actuelles que dans « Bloqués ». Mais, la force de cette dernière série est qu’elle a offert aux apprenants un rapport jubilatoire, un peu rabelaisien à une langue qu’ils ne connaissaient presque pas…

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