Littérature et classe inversée ? Quelques pistes proposées à Eidos64

L’objectif de mon atelier d’Eidos64 du 25 janvier 2017 était de proposer quelques pistes pour enseigner la littérature en utilisant la classe inversée de manière sporadique. J’ai invité les participants à regarder en amont de cet atelier une capsule afin de les mettre en posture de classe inversée et de leur faire partager une des approches de la classe inversée.

Littérature et classe inversée from Geraldine L on Vimeo.

Après un échange de réactions, de questionnements, j’ai proposé aux participants deux pistes à explorer :

  • faciliter l’entrée en lecture des textes longs qui peuvent engendrer une angoisse, voire un renoncement chez les apprenants non natifs et même chez les natifs…

Voici le support présenté avec explication du titre, lecture de la première page et mise en place d’hypothèses de lecture :

Petites pratiques germanopratines from Geraldine L on Vimeo.

Autre exemple pour faciliter l’entrée dans une oeuvre intégrale avec points de repère biographiques, rapide genèse de l’oeuvre et présentation du schéma des personnages.

  • inverser une séquence de littérature : comment, grâce à la classe inversée, peut-on déplacer le curseur de l’apprentissage et mettre l’accent, non pas sur l’acquisition des connaissances, mais sur l’appropriation des textes en stimulant la part de créativité des apprenants ?

Le support présenté pour aborder Le Cid de Corneille :

– capsule sur la tragédie classique

capsule faite par les apprenants pour analyser une stance : commentaire collectif d’une stance et participation a posteriori de l’enseignant pour ajouter quelques idées manquantes.

Le support présenté pour la séquence sur les Calligrammes d’Apollinaire :

capsule pour présenter Apollinaire avec un quiz intégré

capsule faite par une apprenante pour analyser sa production

Cet article est une présentation des supports partagés pendant l’atelier ; il manque toutes les explications, les échanges, les réactions…

Cliquez ici pour voir la présentation sous forme d’interview par LudoMag.

Utiliser la cartographie interactive pour un voyage « littérature et Fle »

Comment rendre actifs les apprenants pendant un voyage scolaire ou universitaire ? Parmi les nombreuses pistes possibles, voici un retour d’expérience avec la cartographie interactive proposée par Google Maps, que j’affectionne particulièrement et que j’approfondis car elle offre de nombreux avantages en Fle, pour présenter les tâches finales.

Cet outil permet un travail collaboratif (chaque apprenant peut coller sa production dès lors qu’il a reçu le lien d’accès), le tracé d’un itinéraire qui rend visible le trajet effectué et surtout la mise en commun des productions des apprenants qu’elles soient sous forme de textes, de photos ou de vidéos.

En outre, la tâche finale peut être partagée, montrée, donc mise en valeur, ce qui crée une stimulation non négligeable lors de la production des mini-tâches des apprenants et surtout, elle perdure et se transforme en souvenir, élément inestimable pour des apprenants en immersion en France pour quelques mois.

Ce retour d’expérience concerne un groupe de 12 étudiants américains de niveaux hétérogènes (A2 à B2+) qui suivent des cours de littérature française (du Moyen Age au XVIIIe) avec moi pendant 45 heures et avec lesquels nous avons organisé un voyage de Pau à Bordeaux pendant deux jours : nous avons visité les châteaux de Montaigne, de Montesquieu (auteurs étudiés en cours), le Grand-Théâtre et avons assisté à une représentation de « L’Avare », lu en français facile.

Le projet de mettre en place une carte interactive avec de courtes vidéos faites en groupes a été lancée sous forme de capsule pour gagner du temps et travailler la compréhension orale en autonomie.  L’annonce de la publication des productions finales sur le site Facebook de notre institut a été mentionnée immédiatement pour privilégier l’idée de partage avec les autres étudiants qui ne faisaient pas partie du voyage.

Sur place, la plupart des apprenants ont choisi de prendre des photos pour faire un montage, plutôt que des vidéos, sans la moindre consigne technique de ma part. Les tâches étaient bien réparties : certains prenaient des photos, d’autres des notes de ce que disaient les guides. Il a fallu parfois s’achalander sur Internet car, par exemple, il était interdit de photographier l’intérieur du château de Montesquieu. Pendant le séjour, il est clair que le fait de donner la responsabilité de rendre compte d’une visite à tour de rôle a permis de rendre actifs mes apprenants, sans pour autant les surcharger de travail, ni les priver du plaisir des visites.

Les vidéos (ex du Grand-Théâtre ou château de Montaigne) ont été collées directement sur la carte Google Maps, ou m’ont été envoyées sur ma messagerie électronique : j’ai ajouté l’itinéraire et quelques photos du groupe, car les apprenants ont été assez pudiques et ont choisi des présentations neutres, sans oser inclure de visages connus, sans doute pour donner un air plus sérieux à leur production. C’est donc moi qui ai opté pour l’insertion de quelques photos plus personnelles.

La seule limite rencontrée est venue de la part de deux étudiantes qui n’ont pas pu participer au voyage et qui ont fait un travail qu’elles ont présenté sous forme de « PowerPoint », impossible à insérer dans un repère sur la carte.

En conclusion, après avoir testé la cartographie interactive pour présenter des tâches sous forme de production écrite, pour géolocaliser l’écriture de contes, pour donner du sens à un point de grammaire,  il me semble que la carte Google Maps donne vraiment du sens à la préparation d’un voyage de classe, tant par le fait qu’elle rend indirectement les apprenants actifs, que par le partage et le souvenir qu’elle favorise.

Certes, sa production demande un certain investissement, mais force est de constater que le fait de rassembler en un même lieu tous ces souvenirs les ranime et en prolonge le plaisir.

Tragédie et capsules (2) : « Phèdre » en classe inversée

Voici un autre retour d’expérience : après Corneille, nous avons travaillé sur Racine. Toujours dans un laps de temps très court (2 heures), comment donner des points de repère sur la vie de Racine, proposer une approche simplifiée du jansénisme et étudier un extrait de tragédie (Phèdre) tout en faisant en sorte que les apprenants soient actifs ? Voici quelques idées que je partage et qui sont liées à mon contexte d’enseignement : un groupe d’étudiants étrangers de niveaux très hétérogènes (petit B1 à petit C1) mais très motivés.

A distance : capsule et feuille de route

Chez eux, les apprenants ont eu à regarder une capsule qui avait pour objectifs de donner quelques informations importantes sur la vie de Racine, proposer une première approche du jansénisme et présenter le début de l’intrigue de Phèdre.

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Tout en regardant la capsule, les apprenants devaient compléter une feuille de route pour prendre des notes, conserver une trace écrite du cours et annoter des questions.

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En présentiel : reconstruire et compléter les connaissances

Le cours a commencé par une reconstitution collective et polyphonique de cette première « strate » de connaissances apprises dans la capsule : ce sont les étudiants qui ont pris la parole, puis qui ont posé des questions sur ce qui n’avait pas été compris.

Cette reconstitution a ainsi été l’occasion d’ajouter une nouvelle « strate » de connaissances plus difficiles à comprendre, notamment sur le jansénisme : les étudiants ont complété la première prise de notes avec ces nouvelles données. Ensemble nous avons approfondi la comparaison entre le héros cornélien et les idées jansénistes.

La capsule a ainsi permis tout d’abord d’éviter un cours magistral qui aurait surchargé cognitivement les apprenants, mais surtout de favoriser l’ancrage des connaissances par la construction progressive et par étapes du savoir.

En présentiel : consacrer plus de temps au texte, aux émotions, aux hypothèses, aux interprétations

Grâce à ce temps gagné, nous avons pu passer plus rapidement au cœur du sujet : l’aveu que fait Phèdre à Hippolyte dans l’Acte II, scène 5.

  • Le support de travail a été distribué puis nous avons regardé la mise en scène de Patrice Chéreau correspondant à l’extrait que nous allions étudier. La puissance de Dominique Blanc, sa gestuelle, le fait qu’elle découvre son sein pour inciter Hippolyte à la tuer ont largement contribué à la compréhension d’un texte inaccessible à une partie de mes apprenants.
  • Ensuite par petits groupes, les apprenants ont répondu aux questions du document de travail en s’appuyant sur les vers de Racine.
  • Un bilan a été fait collectivement en guise de correction.
  • La tâche finale était d’imaginer les pensées d’Hippolyte aux moments où se trouvent les astérisques dans le texte et de compléter les bulles de bande-dessinée.

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Tragédie classique et capsules

Comment enseigner la tragédie classique et sensibiliser des étudiants étrangers au dilemme cornélien en 2 heures sans qu’ils ne s’endorment en écoutant passivement les stances du Cid ?

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Voici quelques pistes à exploiter pour des cours relevant les mêmes défis :

  • La tragédie classique en classe inversée

La tragédie classique a été présentée sous forme de capsule que les apprenants ont regardée chez eux en prenant des notes. En 5 minutes, il est impossible de présenter un tel sujet. Néanmoins, cette capsule a donné un premier cadre, un premier niveau de connaissances que nous avons complété en présentiel lorsque, en cours, les étudiants ont reconstruit ces premières connaissances sur la tragédie classique. J’ai alors pu approfondir, donner des exemples sans monopoliser la parole et en les faisant participer et comparer avec le drame shakespearien qu’ils connaissaient tous.

  • Modélisation des attentes

Ensuite, nous avons abordé la pièce avec un schéma des personnages (en version simplifiée) et nous avons étudié la première stance ensemble pour mettre en lumière le dilemme et la douleur de Rodrigue en nous appuyant sur quelques figures de style.

  • Création d’une capsule par les apprenants

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Ensuite, continuer à ce rythme l’étude de toutes les stances aurait démotivé les étudiants dont l’effort cognitif était déjà très élevé pour une compréhension littérale du texte. Il était nécessaire de les rendre actifs. J’ai donc choisi de privilégier la qualité de leur lecture à la quantité (la lecture de l’intégralité des stances). Ils ont alors travaillé en petits groupes avec une tablette et l’application Explain Everything : chaque groupe devait étudier une stance et produire une petite capsule dans laquelle serait présentée une courte analyse de la stance, en utilisant les outils tels que le laser, le crayon et en enregistrant la voix. Ainsi, après un moment de stress tout à fait compréhensible, les groupes se sont mis au travail en collaborant, s’entraidant, négociant, etc. Dix minutes avant la fin du cours, tous les groupes sont partis à la recherche d’un lieu silencieux pour l’enregistrement des commentaires et le travail était terminé pour tous à l’heure.

  • Une capsule d’apprenants complétée par le prof

Lorsque j’ai regardé les capsules, j’ai constaté qu’il manquait certains commentaires : j’ai donc pris la liberté d’ajouter certaines remarques à la fin de chaque capsule, à la fois pour équilibrer les analyses mais aussi pour compléter cette polyphonie et pour poursuivre ce travail de co-construction de la classe inversée qui met l’enseignant à côté des apprenants et non plus sur un piédestal.

Le bilan en ce qui concerne la motivation est plutôt positif : chacun a dû s’investir et être actif pour faire ressortir ce dilemme en observant attentivement la syntaxe, le lexique. L’ambiance était vraiment studieuse et dynamique.

  • Donner du sens à l’ensemble des capsules

Chaque étudiant a reçu les liens de toutes les capsules (voici un exemple) et doit les regarder, prendre des notes pour être capable de faire un commentaire du même type à partir d’un autre extrait de tragédie.

Certes, tous n’ont pas lu l’ensemble des stances. Mais lors du prochain cours, nous regarderons une mise en scène de cet extrait et le puzzle des analyses permettra à chacun de sentir le dilemme en extrapolant ce qui a été dit dans une stance à toutes les stances.

 

Capsule pour entrer en lecture : « L’Avare » de Molière

Comment faciliter l’entrée en lecture d’une comédie classique telle que « L’Avare » pour des étudiants étrangers ?

Outre le fait d’avoir choisi une version en français facile (Clé International) et des extraits de l’œuvre originale, j’ai proposé une capsule à regarder chez soi, à son propre rythme pour présenter les éléments essentiels de la vie de Molière et le schéma des personnages.

En présentiel, les apprenants ont reconstitué les informations importantes sur la biographie de Molière, collectivement. Par petites touches, j’ai complété, approfondi certains éléments (les dévots) et ai répondu aux questions. Par exemple, la différence entre « bourgeoisie » et « aristocratie » n’était pas claire pour la plupart des étudiants. Le fait que les apprenants prennent la parole et donnent les informations à la place de l’enseignant a été positif. Par contre, il aurait été judicieux de leur demander de compléter ces informations en faisant des recherches, même en L1, pour enrichir et diversifier ces éléments biographiques. La capsule rassure mais invite facilement les apprenants peu confiants en leurs capacités au psittacisme… Pourtant, assurément, le fait de proposer un premier cadre avec 4 ou 5 points de repère importants sur la vie de l’auteur aide à la construction de la connaissance, par couches successives. Ces fondations données à distance facilitent la construction en cours.

Quant à la présentation animée du schéma des personnages, elle a le mérite de donner des points de repère bien plus clairs que la liste traditionnelle des personnages grâce à la mise en perspective spatiale et grâce au déroulement progressif du schéma, tout en mettant en valeur les relations qui président entre les personnages : le parallélisme entre les deux couples d’amoureux et leur opposition à Harpagon sont ainsi bien plus visibles et facilitent la compréhension du début de l’intrigue.

La dépense cognitive ayant eu lieu ailleurs et avant le cours, nous avons pu entrer plus rapidement dans l’acte I.

Voici un exemple de capsule pouvant servir à faciliter cette entrée en lecture…

L’avare de Molière from Geraldine L on Vimeo.

Capsule pour entrer en lecture : accompagner la lecture d’une nouvelle « Cet homme et cette femme » d’A. Gavalda

La longueur d’un texte littéraire donné à lire en autonomie à la maison est souvent proportionnelle à la baisse de motivation pour poursuivre la lecture jusqu’au bout. Le texte a beau être captivant, plus il est long, plus nombreux sont les apprenants de L2 qui renoncent rapidement.

Dans quelle mesure les outils numériques peuvent-ils offrir une aide pour lutter contre ce stress de devoir comprendre le sens général d’un texte tout en buttant sur la compréhension du lexique ou d’une structure grammaticale ?

Je suis partie de l’hypothèse que donner un enregistrement audio ou une vidéo peut aider à consolider les stratégies d’apprentissage [Cyr, Les stratégies d’apprentissage, 1998, Clé International], et plus particulièrement les stratégies socio-affectives des apprenants, à encourager la motivation et à réduire l’anxiété face à un texte long et littéraire a fortiori. Aussi ai-je proposé à mes apprenants étrangers de littérature française des fichiers audios et des capsules dont l’objectif était d’accompagner l’entrée en lecture lorsqu’ils travaillent seuls, en dehors de l’espace de cours.

J’ai d’abord testé le simple enregistrement audio de ma lecture à voix haute pour accompagner la lecture d’une nouvelle : le retour a été positif car non seulement la voix enregistrée offre une interprétation qui les aide pour une compréhension globale du texte, mais il est aussi possible d’utiliser le fichier audio comme outil pour améliorer la prononciation en écoutant par morceaux et en répétant chaque phrase.

J’ai ensuite testé la capsule pour ajouter une dimension visuelle. Voici un exemple avec la nouvelle « Cet homme et cette femme » d’Anna Gavalda (Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part). Les apprenants avaient le texte au format papier et devaient regarder en même temps une courte vidéo dans laquelle sont proposées successivement

  • une lecture de la nouvelle avec une image fixe pour permettre aux apprenants de suivre le texte papier sans distracteur
  • et les premières consignes, à savoir le relevé de certains champs lexicaux (l’argent, le luxe et le mépris) afin d’orienter l’interprétation des apprenants vers une caractérisation des personnages.

Le retour que j’ai eu de mes apprenants a été positif : tous avaient lu la nouvelle et avaient suivi les consignes. Ils ont préféré unanimement être accompagnés par une capsule plutôt que par un simple fichier audio car la capsule présente l’avantage de montrer l’écriture et l’orthographe des mots prononcés et ils ont eu le sentiment que c’était plus facile d’aller jusqu’au bout car quelqu’un lisait avec eux.

Côté enseignant, l’expérience m’a aussi semblé enrichissante dans le sens où nous avons pu commencer le cours en entrant rapidement dans le portrait des deux protagonistes. Les impressions ont tout de suite fusé « je ne voudrais pas un mari comme ça » « Mais ils ne s’aiment pas » « C’est un couple superficiel », etc. İl aurait fallu faire l’expérience avec une autre classe sans donner la capsule pour être sûr que celle-ci a un peu aidé les apprenants. Comment savoir si ce n’est pas le seul effet de la nouvelle, petit bijou pour les apprenants de FLE car elle est écrite sans passé simple ? Je m’appuie sur les dires de ces apprenants-là, qui corroborent des impressions tout aussi positives dans d’autres cours de littérature où des capsules ont été utilisées pour exploiter au mieux le dispositif hybride de la classe inversée, un peu détournée, puisqu’il ne s’agit pas de transmettre du « savoir » à la maison, mais d’offrir une aide, un petit coup de pouce pour entrer en lecture.

 

Littérature, Fle et Classe inversée : retour d’expérience sur la littérature du Moyen Age

                   Habituée à utiliser la classe inversée en cours de langue (FLE), je me suis retrouvée cette année, à nouveau et avec beaucoup de bonheur, dans la peau d’un professeur de littérature pour des étudiants étrangers nord-américains. Après une tentative de cours en mode un peu magistral, j’ai senti tout d’abord à quel point les niveaux de langue de mes étudiants étaient variés, allant du A2 au B2+ et surtout combien mes pratiques pédagogiques étaient marquées par les avantages de la classe inversée.

Aussi ai-je tenté de proposer une capsule à regarder avant le cours avec les informations importantes sur chaque thème ou auteur pour

  • donner le temps à chaque étudiant d’acquérir ces informations à son rythme, de comprendre les mots clés et de connaître leur orthographe et leur prononciation
  • redonner du sens à la présence en classe (Lebrun…) en valorisant la restitution orale collective faite par les étudiants et qui permet de reconstituer les informations mais surtout de redonner la parole aux étudiants. Leur temps de parole a de fait nettement augmenté. Nous avons aussi gagné du temps pour travailler le texte en cours et surtout, les étudiants sont arrivés avec un « horizon d’attente » bien défini et prêts à passer à l’action.

Bien évidemment la capsule ne peut qu’être une « mise en bouche » et ne vise pas l’exhaustivité mais elle permet de transmettre une première strate de connaissances qui sera complétée au fur et à mesure en présentiel. Il existe de nombreuses capsules très bien faites, mais malheureusement, souvent le niveau de langue est trop difficile pour les apprenants de FLE, d’où la nécessité de passer par la création de capsules personnalisées et adaptées, moins peaufinées sur le plan esthétique, mais plus efficaces pour le public FLE.

Voici un exemple de capsule pour introduire Le Roman de Renart :

C I Roman de Renart from Geraldine L on Vimeo.

Les inconvénients sont essentiellement la dimension chronophage de la création de capsules pour l’enseignant et l’obligation de simplifier les informations par rapport à un cours qui serait fait en présentiel. Mais il faut concevoir la capsule comme les prémices de l’échange à venir.

Parmi les autres avantages de cette pratique, le fait de mettre l’accent sur la tâche finale (grâce au temps économisé avec ce dispositif hybride) favorise la dimension active, voire créative pour les apprenants. Dans les exemples que je propose ci-dessous, les étudiants ont eux-mêmes créé une capsule pour la page Facebook de l’Institut afin de présenter la chanson de geste, l’amour courtois, etc. Le travail collectif de scénarisation de la capsule les a obligés à synthétiser et à classer les informations recueillies pendant le cours. Ils se sont ensuite isolés pendant une heure avec un Ipad par groupe et l’app Explain Everything, pour créer les vignettes et enregistrer leur voix.

La création collective de la capsule a remplacé un éventuel test de connaissances : outre le plaisir d’une production finale créative, elle a permis de travailler de manière décloisonnée la production écrite, la production orale et de faire appel aux compétences transversales que sont la négociation, la collaboration, la recherche documentaire, les compétences technologiques…

L’amour courtois BJS from Geraldine L on Vimeo.

Chanson de geste from Geraldine L on Vimeo.