Activité : Reconnaître les langues #A0 à #C2

Voici une petite activité dont le but est de reconnaître différentes langues entendues (turc, espagnol, allemand, anglais, chinois, arabe, russe, français mais aussi plus rares, créole réunionnais, bassar, n’gambaye). Je l’ai créée sur le site LearningApps dont l’interface est certes austère, mais dont les applications sont précieuses grâce à l’insertion de fichiers audios aussi facile qu’utile en langues.

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Pour les grand.es débutant.es

C’est une activité fort dynamisante pour les grand.es débutant.es : on découvre des langues, parfois sa langue, on fait des hypothèses, on se trompe, on réussit. Ecouter ces langues m’a également permis d’introduire le français en le mettant sur un pied d’égalité avec les autres langues et, grâce au créole de la Réunion qui trouble les apprenant.es puisqu’il contient des mots français mais n’est pas du français, la diversité linguistique en France a pu être abordée dès le premier cours. Enfin, pour les grand.es débutant.es, l’activité permet d’apprendre la structure « je parle XXX » et complète parfaitement le cours fait en amont sur les nationalités.

Une activité brise-glace pour tous les niveaux

Il me semble que cette activité peut être utile à tous les niveaux en début de session et qu’elle sert aussi de brise-glace : il est en effet possible de demander aux apprenant.es qui comprennent les langues entendues de traduire ce qui a été dit, ce qui ne manque pas de valoriser leur répertoire linguistique.

Voici le lien : https://learningapps.org/view6347819

Comment l’utiliser ?

J’ai testé cette activité en classe, collectivement, avec des apprenant.es du niveau A0 : nous avons écouté les pistes et j’ai glissé chaque fichier audio sur la langue proposée. Si la solution est fausse, il suffit de cliquer entre les deux éléments joints pour les séparer à nouveau et tenter une autre association.

L’ambiance s’est réchauffée car chacun.e pouvait proposer son hypothèse et la classe a été dynamisée. Ensuite, mous avons à tour de rôle repris à notre compte « je parle XXX », ce qui m’a permis de savoir qui parlait anglais et surtout qui ne parlait qu’une seule langue.

On peut ensuite envoyer le fichier aux apprenant.es pour que l’activité soit refaite à la maison au rythme de chacun.e.

 

La féminisation des noms de métiers (B2) : ressource et compréhension orale

Je partage avec vous une vidéo très intéressante sur la féminisation des noms de métiers trouvée sur le site 20Minutes.fr : « La féminisation (officielle) des noms de métiers, c’est pour quand ? ».

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Dans un format agréable, dynamique et amusant, elle présente la position du linguiste Bernard Cerquiglini, qui, tout en rappelant les arguments des contempteurs de la féminisation,  multiplie les exemples de polysémie de mots masculins pour mieux appuyer la nécessaire évolution de la langue, donc la légitimité de la féminisation des noms de métiers. Le linguiste nous rappelle que le terme « étudiante » désignait une grisette du Quartier Latin à la fin du XIXeme siècle par exemple, preuve que le sens des mots peut évoluer, naturellement ou avec un petit coup de pouce.

Voici une petite compréhension orale de niveau B2 qui invite les apprenant.es à une première écoute sans les images pour une compréhension globale, puis une seconde écoute avec le support de la vidéo en vue d’une compréhension plus fine. Attention la vidéo est courte et dynamique, mais est loin d’être simple pour les apprenant.es car la musique et les effets sonores gênent la compréhension…

Si vous travaillez sur le thème de la langue française, cette compréhension orale peut être complétée par une compréhension écrite sur les emprunts (Alain Rey) ou par une approche de la grammaire inclusive.

 

Compréhension écrite sur la langue française : Alain Rey nous éclaire sur la féminisation, l’écriture inclusive et les emprunts (B2)

Voici une compréhension écrite de niveau B2 faite à partir d’un article de 20Minutes.fr dans lequel le linguiste Alain Rey est interviewé sur l’évolution de la langue française, et notamment sur sa position face aux emprunts, à l’écriture et la grammaire inclusives et à la féminisation des noms de métier.

 La féminisation est une nécessité sociale parce que la langue n’est pas faite pour dominer la société, c’est la société qui fait la langue. Il n’y a rien de plus démocratique que la langue. C’est pour ça que je suis hostile aux puristes académiciens qui gueulent comme des putois quand il y a une nouvelle façon de s’exprimer. S’il n’y avait pas de nouvelles façons de s’exprimer, le français serait figé et s’il était figé, il serait en péril, ce qui n’est pas le cas. Alain Rey

Voici la compréhension écrite proposée à partir d’extraits de l’article sur Alain Rey B2.

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Extrait CE

Pour aller plus loin…

Je partage un exercice que vous pouvez proposer à vos apprenant.es. L’objectif est de montrer la diversité des origines de certains mots français de manière ludique à travers une dizaine d’exemples (un anorak, un pyjama, l’alcool, un kiosque, un robot, …). Il suffit pour cela de partager le lien par mail ou de le déposer sur une plateforme. Sans avoir besoin d’inscrire ses apprenant.es, l’exercice est autocorrigé et les paires de mots disparaissent au fur et à mesure que la solution sera trouvée.

C’est l’occasion de rappeler l’existence de cette fort intéressante application gratuite qu’est Learning Apps, projet lancé par la Haute Ecole Pédagogique de Berne, et qui vise à proposer une banque de données de modules indépendants à rattacher à sa progression ou à créer ses propres modules.

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Exercice auto-corrigé fait sur Learning Apps

Une des forces de cette application en cours de langue est, outre sa facilité d’utilisation et de partage, le fait qu’elle propose des exercices d’appariement entre des fichiers audios et des mots, comme dans l’exemple ci-dessous.

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Ou lien direct : https://learningapps.org/watch?v=p5a47yc4n18

 

Créer des cartes de lecture avec « Cpourvous »

Voici un outil aussi simple qu’efficace pour créer des cartes de lecture : le site gratuit cpourvous (et non cpournous, attention !) propose, sans même nous obliger à créer de compte, de fabriquer très rapidement des cartes composées d’une image et de texte : pour l’alphabétisation ou les grand.es débutant.es, cet outil sera précieux car on peut ajouter jusqu’à 3 graphies différentes d’un mot.

 
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Exemple de carte de lecture

Il est possible de rassembler les différentes cartes créées sur une seule et même planche afin de l’imprimer plus facilement.

Bien sûr, on peut aussi utiliser cpourvous avec des niveaux plus élevés, comme dans l’exemple ci-dessus, pour réinvestir à l’oral ou à l’écrit le subjonctif à partir d’images et de verbes suggérés.

Travailler le lexique en #Fle en classe inversée : les collocations contenant « EN » devant certains verbes (suite)

Voici la suite du premier travail sur les collocations contenant « En » devant certains verbes, en classe inversée :

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  • la capsule qui présente les collocations « ne pas en revenir, en pincer pour, en prendre pour son grade, s’en sortir, s’en prendre à … »

Les En devant certains verbes (2) from Geraldine L on Vimeo.

 

  • la feuille de route « Les EN devant certains verbes 2″ à compléter à distance
  • Pour le retour en présentiel, on peut corriger les exercices puis, proposer comme activité de faire écrire par groupes des dialogues reprenant les collocations. Et même les faire jouer !

 

Travailler le lexique en #Fle en classe inversée : les collocations contenant « EN » devant certains verbes

Les collocations « ces unités préfabriquées à mi-chemin entre locutions et combinaisons libres » (A. Tutin) occupent une place essentielle dans l’apprentissage du lexique.

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Voici une proposition pour travailler ces collocations sous forme de classe inversée.  J’ai choisi de me pencher sur les verbes précédés du pronom EN qui ne renvoie généralement à aucun antécédent comme « en finir, en avoir gros sur le coeur, en avoir assez, en pincer pour, ne pas en revenir, etc. »

Pour ce faire, j’ai établi une liste de verbes, mais trop longue pour ne faire qu’une capsule : il y en aura donc 2 ou 3. J’ai opté pour une démarche inductive en partant d’un dialogue contenant plusieurs verbes précédés de EN. Puis vient l’explication de chaque collocation avec des précisions sur le niveau de langue, sur les variantes et sur la signification.

 

Les EN devant certains verbes from Geraldine L on Vimeo.

 

La capsule est envoyée aux apprenant.e.s afin qu’elle soit regardée à distance et une feuille de route accompagne et guide la prise de notes pour rendre les apprenant.e.s actifs lors du visionnage de la vidéo. La feuille de route propose quelques exercices faciles pour tester le premier niveau de compréhension de ces collocations.

Voici la feuille de route.

En cours, nous avons corrigé les exercices et nous sommes passés directement au réinvestissement des collocations. Par groupes, les apprenant.e.s ont écrit de courts dialogues avec « en finir avec, en avoir assez, en vouloir à , s’en vouloir, etc. » et les ont joué devant les autres.

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La classe inversée nous a vraiment permis de gagner du temps et, surtout, de mettre l’accent sur le réinvestissement du lexique, ce qui favorise son ancrage sur le long terme.

A suivre !