Travailler le lexique en #Fle en classe inversée : les collocations contenant « EN » devant certains verbes (suite)

Voici la suite du premier travail sur les collocations contenant « En » devant certains verbes, en classe inversée :

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  • la capsule qui présente les collocations « ne pas en revenir, en pincer pour, en prendre pour son grade, s’en sortir, s’en prendre à … »

Les En devant certains verbes (2) from Geraldine L on Vimeo.

 

  • la feuille de route « Les EN devant certains verbes 2″ à compléter à distance
  • Pour le retour en présentiel, on peut corriger les exercices puis, proposer comme activité de faire écrire par groupes des dialogues reprenant les collocations. Et même les faire jouer !

 

Travailler le lexique en #Fle en classe inversée : les collocations contenant « EN » devant certains verbes

Les collocations « ces unités préfabriquées à mi-chemin entre locutions et combinaisons libres » (A. Tutin) occupent une place essentielle dans l’apprentissage du lexique.

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Voici une proposition pour travailler ces collocations sous forme de classe inversée.  J’ai choisi de me pencher sur les verbes précédés du pronom EN qui ne renvoie généralement à aucun antécédent comme « en finir, en avoir gros sur le coeur, en avoir assez, en pincer pour, ne pas en revenir, etc. »

Pour ce faire, j’ai établi une liste de verbes, mais trop longue pour ne faire qu’une capsule : il y en aura donc 2 ou 3. J’ai opté pour une démarche inductive en partant d’un dialogue contenant plusieurs verbes précédés de EN. Puis vient l’explication de chaque collocation avec des précisions sur le niveau de langue, sur les variantes et sur la signification.

Les EN devant certains verbes from Geraldine L on Vimeo.

 

La capsule est envoyée aux apprenant.e.s afin qu’elle soit regardée à distance et une feuille de route accompagne et guide la prise de notes pour rendre les apprenant.e.s actifs lors du visionnage de la vidéo. La feuille de route propose quelques exercices faciles pour tester le premier niveau de compréhension de ces collocations.

Voici la feuille de route.

En cours, nous avons corrigé les exercices et nous sommes passés directement au réinvestissement des collocations. Par groupes, les apprenant.e.s ont écrit de courts dialogues avec « en finir avec, en avoir assez, en vouloir à , s’en vouloir, etc. » et les ont joué devant les autres.

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La classe inversée nous a vraiment permis de gagner du temps et, surtout, de mettre l’accent sur le réinvestissement du lexique, ce qui favorise son ancrage sur le long terme.

A suivre !

Un outil très pratique pour créer rapidement des capsules : LOOM

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Je viens de tester un nouvel outil pour créer des capsules, « LOOM », grâce aux conseils toujours avisés d’OutilsTice dont vous trouverez ici l’article complet (Merci Fidel !). Il s’agit d’une extension à ajouter au navigateur Chrome qui permet d’enregistrer l’écran : il suffit de cliquer sur l’icône (petit tourbillon à l’extrémité droite)

Capture d_écran 2018-03-21 à 15.01.02et l’on accède immédiatement au tableau d’enregistrement qui propose

– d’enregistrer l’écran seul

– d’enregistrer l’écran avec en médaillon incrusté la personne qui parle

– d’enregistrer la personne qui parle

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Pour faire des capsules simples, c’est un outil vraiment pratique. Voici un exemple de capsule que j’ai fait un peu en urgence (d’où les imperfections…) pour commenter une carte mentale sur le lexique du tourisme destinée à mes apprenant.e.s FLE :

https://www.useloom.com/embed/a87e472c9ff24dcfbe265150646c8e2f

Le partage est ensuite très facile (lien à envoyer aux apprenant.e.s ou téléchargement). Une fois la vidéo terminée, on peut procéder à des coupes mais il n’est pas possible a priori de faire des ajouts a posteriori (j’ai, par exemple, oublié de mettre un titre, de signer…).

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Français des affaires : scénariser une vente en classe inversée #B1

Dans le cadre de la préparation au Diplôme de Français Professionnel organisé par la CCI Paris-Ile-de-France, j’ai testé l’inversion pour l’épreuve orale qui consiste à faire vendre un produit au candidat ou à la candidate dans une situation donnée.

La capsule reprend les grandes étapes de la vente (prise de contact, analyse des besoins du client ou de la cliente, présentation du produit avec argumentaire, réponses aux objections, vente additionnelle, encaissement) et propose quelques phrases-clés à retenir pour chacune des étapes.

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Extrait de la capsule

Voici la capsule :

Français des Affaires Scenariser une vente B1 from Geraldine L on Vimeo.

Voici quelques pistes pour scénariser le cours « Préparer un argumentaire de vente » :

  • analyse des vidéos proposées par le CİRFA : « Le mauvais vendeur en produits biologiques« , « Le bon caviste », etc. que les apprenant.e.s adorent et qui sont d’excellents documents déclencheurs
  • inversion : regarder la capsule à la maison en prenant des notes
  • retour en classe : mise en commun des étapes, questions, reprises des formules clés
  • passage à l’action avec mise en situation immédiate.

L’avantage de la classe inversée dans ce cadre du Français des affaires a permis à chacun de prendre le temps de regarder la capsule à son rythme, de chercher le lexique, de choisir la phrase-clé qu’il ou qu’elle préfère et surtout d’avoir un peu plus de temps pour mémoriser ces différentes étapes. D’autre part, nous avons gagné du temps en passant plus rapidement à la pratique. Enfin, la parole a été redonnée aux apprenants et apprenant.e.s qui ont posé des questions, ont répondu aux questions des autres au lieu d’écouter en prenant des notes passivement le cours sur la scénarisation de la vente.

Il est aussi possible d’utiliser la capsule après le cours, comme outil de révision avant l’examen.

Projet #Fle : Manger pas cher et équilibré au restau, c’est possible ?

Voici un projet mis en place avec mes étudiant.e.s autour du thème de la nourriture et qui peut se décliner quel que soit l’endroit où l’on enseigne le français. Dans un milieu homoglotte, comme le rappelle Chantal Parpette « la proximité immédiate du milieu cible autorise certaines modalités de travail qui contribuent à élargir l’espace d’apprentissage » : les apprenant.e.s ont pu non seulement tester les restaurants mais surtout interagir avec les serveurs, serveuses ou les chefs qui se sont presque tous pris au jeu et ont répondu avec patience aux questions de ces étrangers et étrangères vivement intéressés par la cuisine française. Dans un milieu alloglotte, on peut imaginer que l’enquête se fera en langue source mais que la production finale sera en français et, diffusée sur internet, elle sera destinée notamment aux touristes francophones.

Le but du projet était de créer une courte vidéo présentant un restaurant local dans lequel il est possible de manger pas cher et équilibré, c’est-à-dire de trouver des produits frais et une alimentation saine, pour moins de 10 euros.

Les objectifs linguistiques et grammaticaux étaient d’exprimer la conséquence et d’enrichir le lexique de la gastronomie.

Etape 1 : présentation du projet à distance sous forme de capsule en classe inversée afin de redonner la parole aux apprenant.e.s en cours. Lors du retour en présentiel, ils expliquent ce qu’ils doivent faire, posent des questions et forment des équipes si ce n’est déjà fait. Dès le départ, il a été annoncé que les productions seraient publiées sur notre page Facebook pour les partager avec les personnes qui nous suivent.

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Etape 2 : Travail en classe sur la conséquence, le lexique, …

Etape 3 : Va-et-vient entre un travail à distance (recherche d’un restaurant, tests, photos, interviews, …) et de mini-bilans en classe pour savoir ce qui a été choisi, quelles difficultés ont été rencontrées avec les restaurateurs ou sur le plan technique.

Etape 4 : Présentation des productions en cours puis publications sur un réseau social afin de créer des interactions avec de vrais internautes.

Exemple de production « La fiancée du désert » à Pau

Exemple de production « Le bistrot des Halles » à Pau

Bilan de cette activité :

  • le réinvestissement de la conséquence a été plus ou moins suivi selon les groupes dont certains, enthousiasmés par le projet, ont oublié de réinvestir le point de grammaire ou ne l’ont fait qu’à l’écrit.

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  • le fait d’aller au restaurant en groupe a soudé les étudiant.e.s qui se sont vus en dehors de l’université à la fois pour tester le restaurant mais aussi pour faire le montage et enregistrer leur voix.
  • le contact avec des natifs a été apprécié par tous car, même si nous sommes dans un milieu homoglotte, les interactions avec les natifs ne sont pas si évidentes.
  • le partage sur le réseau social (page Facebook du centre de langue) a été une source de fierté car grâce aux interactions avec des internautes, leur travail a pris un sens bien plus authentique que s’il n’avait été destiné qu’à la seule enseignante. Comme l’écrivent Ch. Olliver et L. Puren :
    “Proposer à un apprenant de publier les résultats de ses recherches sur un site très fréquenté, c’est le mettre dans une nouvelle posture. Il n’est plus seulement un apprenant, il est une personne disposant d’un savoir qu’il peut partager. Cela incite à plus de rigueur dans la construction du savoir, mais aussi dans la formulation de celle-ci et la qualité de la langue utilisée, les apprenants sont en effet conscients qu’ils vont être lus par des internautes qui auront des exigences vis-à-vis de leurs contributions.” 

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Parpette, C. (2006) « L’influence d’un environnement homoglotte sur l’enseignement du FLE : d’une réalité diffuse à une méthodologie constituée », PUG.

Ollivier, O et Puren, L Le web 2.0 en classe de langue, Maison des langues, Paris, 2011.

Atelier #Eidos64 Outils numériques en cours de langues : des pistes pour favoriser une approche interactionnelle

Mercredi 24 janvier 2018 à Bayonne dans le cadre de la journée de formation Eidos64.

bandeau-2018L’atelier qui s’appuiera sur des exemples de cours de langues (Français Langue Etrangère), invitera à explorer deux pistes parmi les multiples potentialités du numérique :

comment renouveler le remue-méninges que nous faisons en début de séquence pour établir un premier état des lieux des connaissances déjà acquises sur un thème ? Nous verrons comment Beekast offre une variante numérique intéressante par rapport aux approches plus traditionnelles.

comment mettre en valeur les productions des apprenant.e.s en leur donnant un destinataire réel ? Dans son ouvrage Le web 2.0 en classe de langue (Maison des langues, 2011), en complément des habituelles tâches cibles et didactiques, Christian Ollivier nous invite à mettre en place des « tâches ancrées dans la vie réelle », c’est-à-dire « des tâches dans lesquelles l’apprenant n’est plus seulement un apprenant, mais devient un « usager » de la langue ». Il nous incite donc à proposer «des tâches qui ont un enjeu réel et dans lesquelles les aspects non langagiers retrouvent la place qu’ils ont dans la réalité. ». Il apparaît clairement que le web 2.0 est un espace privilégié pour publier et favoriser les interactions avec des locuteurs et locutrices natifs afin de donner un sens réel à des tâches, non plus réservées aux enseignantes et enseignants, mais s’adressant à d’autres internautes.

Comment passer de la simple production écrite à une tâche finale publiée ? Comment mettre en valeur les productions pour les partager et leur donner plus de sens ? Quels outils numériques utiliser pour faire faire des petites vidéos, des graphiques ou des livrets numériques qui seront partagés au-delà des murs de la salle de cours, voire commentés dans le cadre d’interactions réelles  ?

Cet atelier proposera des pistes et des exemples de réalisations d’apprenant.e.s pour une utilisation pédagogique de Beekast, Spark Video, Google Maps, entre autres.

Pensez à apporter votre ordinateur ou votre tablette.

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Transformer les résultats d’un sondage en document authentique grâce aux diagrammes et infographies

Il est fréquent en cours de langues de faire faire des sondages ou enquêtes de terrain aux apprenant.e.s. Souvent les résultats sont analysés en classe et ne franchissent pas les portes de celle-ci. Comment favoriser les interactions et par là-même donner plus de sens à la démarche de nos enquêteurs et enquêtrices afin que ces petits travaux de recherche ne soient pas exclusivement destinés à l’enseignant.e ?

Une piste toute simple : outre le fait de publier les résultats en ligne sur un réseau social qui pourra engendrer des interactions, le fait de présenter les chiffres sous forme de graphiques attire le regard mais synthétise surtout de manière plus visuelle les données recueillies.

De nombreux outils en ligne sont disponibles pour créer camemberts et autres graphiques. Parmi eux, Piecolor est un outil en ligne très simple pour créer des diagrammes circulaires comme ci-dessous. Inutile de créer un compte : il suffit de déterminer le nombre de parties aura le diagramme puis de rentrer les données de chaque partie en pourcentage.

Voici un exemple de mise en valeur de résultats de sondage réalisé par mes étudiant.e.s de FLE autour de l’écriture et de la grammaire inclusives.

Ces résultats ont ensuite été publiés sur la page Facebook de notre centre de langues et ont provoqué des réactions auxquelles les apprenant.e.s ont bien sûr été sensibles et qu’ils ont commentées, d’où de nouvelles interactions orales.

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Exemples de commentaires du sondage

Pour aller plus loin, il est aussi possible, pour mettre encore plus en valeur les résultats des enquêtes, de créer des infographies qui attirent encore plus le regard, organisent les informations et donnent un caractère encore plus officiel et sérieux aux données de nos apprenant.e.s. L’infographie ci-dessous a été créée avec Genial.ly.

 

L’intérêt des ces infographies ou autres diagrammes en langues repose donc sur le fait qu’elles permettent de transformer en documents authentiques les données de sondages faits par des apprenant.e.s : l’outil numérique accentue paradoxalement la dimension authentique de nos données qui deviennent à leur tour des documents déclencheurs pour stimuler l’interaction orale ou écrite.